Thème : « L’artisanat et l’entrepreneuriat dans l’espace du Sahel : quel défi pour le consommer local ? »
En marge de la 5ᵉ édition du Salon International de l’Artisanat du Mali (SIAMA), ouverte le 27 novembre 2025 à Bamako, Madame la Ministre Oumou SALL SECK a pris part à un panel de haut niveau sur le thème : « L’artisanat et l’entrepreneuriat dans l’espace du Sahel : quel défi pour le consommer local ? »
Ce panel, co-animé par les Ministres en charge de l’Entrepreneuriat et de l’Artisanat – Madame Oumou SALL SECK et M. Mamou DAFFE – le vendredi 5 décembre 2025, en présence de Son Excellence Monsieur Driss ISBAYENE, Ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, a retenu l’attention du public par la richesse et la pertinence des interventions.
Monsieur le Ministre Mamou DAFFE a rappelé l’importance de la loi sur la commande publique et suggéré la mise en place d’un mécanisme de financement dédié aux artisans, afin de soutenir le développement et la croissance de leurs activités.
Madame la Ministre Oumou SALL SECK a, quant à elle, salué l’organisation réussie du SIAMA et de ce panel, dont le thème met en exergue le rôle stratégique de l’artisanat dans la transformation économique et la promotion du consommer local dans l’espace sahélien.
Elle a souligné que l’artisanat et l’entrepreneuriat constituent des leviers essentiels de croissance pour le Sahel. À ce titre, son département, à travers l’ANPE et le FAFPA, accompagne déjà le secteur de l’artisanat au Mali, véritable patrimoine économique, culturel et identitaire, autour de trois axes majeurs :
• la formation professionnelle
• l’insertion et la création d’emplois
• l’appui entrepreneurial et financier
Abordant les défis liés à la promotion du consommer local – enjeu crucial pour la souveraineté économique, la création de richesse, la résilience et la valorisation culturelle – Madame la Ministre a mis en lumière les principales contraintes du secteur :
1. Faible professionnalisation et standardisation
2. Accès limité au financement
3. Concurrence accrue des produits importés
4. Faible structuration des unités artisanales
5. Accès restreint aux marchés modernes
6. Insuffisance des normes qualité, labels et certifications
7. Faible digitalisation
Face à ces défis, a-t-elle insisté, une action ministérielle coordonnée est indispensable pour renforcer la compétitivité des artisans, moderniser les outils de production, améliorer la qualité, le design et le packaging, favoriser la digitalisation des unités et valoriser les produits locaux dans les marchés nationaux, tout en structurant les chaînes de valeur.
En conclusion, Madame la Ministre a recommandé la création d’un Cadre conjoint de pilotage – Comité de Coordination Artisanat / Entrepreneuriat / Emploi – visant à :
• harmoniser les politiques publiques ;
• planifier les interventions ;
• suivre l’impact sur l’emploi et la compétitivité.
Dans cette dynamique, elle a également préconisé de développer :
• un label « Made in Mali » renforcé,
• des normes qualité harmonisées,
• des certifications garantissant l’authenticité et la protection des produits locaux.
Enfin, Madame la Ministre a réaffirmé sa disponibilité à travailler en synergie avec son collègue en charge de l’Artisanat afin de bâtir un écosystème solide, où l’artisan devient entrepreneur, où l’emploi se consolide, et où le produit local s’impose comme un choix national et régional.